Le transhumanisme se présente avant tout comme une religion. Voici le dieu : c’est la Machine ; voici le sauveur : c’est l’Intelligence artificielle ; la venue du messie aura lieu au moment de la Singularité. Tels des vierges carmélites ou des pères du désert, les transhumanistes brûlent de s’unir à leur divinité : les premiers veulent être déifiés par l’action de Dieu en eux ; les seconds en devenant des cyborgs. Ils n’ignorent pas les austérités de l’ascèse : songez quelles souffrances et quels troubles dans l’organisme provoqueront ces prothèses et ces implants ! Enfin, dans toute religion, il y a un sacrifice, et une victime : elle est déjà toute trouvée ; on la prépare par des manipulations de masse et on la sacrifiera en temps opportun. Cette victime, c’est l’humanité ; c’est vous ; c’est moi.