Tout au long de l’année, il n’est pas un seul homme
Qui n’ait accumulé une effroyable somme
De monstrueux péchés, hélas, non de vertus ;
Il s’en est repenti, à chaque fois, sans doute,
Mais il n’a pas encor payé ce qu’ils lui coûtent
Et rechigne à le faire, étant un peu têtu.
Sa faible volonté n’a aucune appétence
Pour racheter sa faute et faire pénitence :
Il voudrait sans vouloir et tout seul ne peut rien ;
S’il songe, par moments, lorsque approche le soir,
Qu’il souffrira bien plus au fond du purgatoire,
Sa lâcheté lui dit : “Après la nuit qui vient !”
Que ferions-nous sans vous, ô sainte Mère Église,
Ô vous qui soutenez nos âmes indécises ?
Mère, vous suppléez à nos vœux inconstants
En imposant à tous de souffrir au Carême
(Médiocre imitation de Celui qui nous aime) :
Expions nos péchés pendant cet heureux temps.