Epitaphe d'un paresseux - Jean de La Fontaine

Le paresseux dont il est question dans cette épigramme est l’auteur lui-même, mais il ne faut pas le croire : nul ne fut moins paresseux que La Fontaine, et ce poème est un joli chef-d’œuvre qui en témoigne assez. J’ai appris qu’il en existait plusieurs versions ; vous trouverez les variantes en notes.

Jean s’en alla comme il était venu,
Mangea le fonds avec le revenu,
Tint les trésors chose peu nécessaire1.
Quant à son temps, bien le sut dispenser2 :
Deux parts en fit, dont il soulait3 passer
L’une à dormir et l’autre à ne rien faire.

1 On trouve également : Mangea le fonds après le revenu. Tint le travail chose peu nécessaire. et : Mangeant son fonds après le revenu, Croyant le bien chose peu nécessaire. 2 On trouve aussi : Bien le sut dépenser. 3 Souloir : du latin solere , avoir coutume de. Littré déplore l’abandon de ce mot si commode.