11. Lorsque périt Louis, fils de Philippe, il laissa un enfant pour lui succéder. Il se nommait aussi Louis, quatrième de sa maison à porter ce nom, et il se conduisit en saint sa vie durant. Il défendit la couronne contre ses serviteurs, qui avaient osé se lever contre lui, mais fit toujours preuve d’une telle justice et miséricorde qu’il obtint le respect non seulement de ceux qui le servaient, mais encore de ceux qui lui faisaient la guerre, comme les princes étrangers. À plusieurs reprises, il fut arbitre entre les puissants. Le peuple n’était pas moins admiratif, car il rendait la justice sans faire acception du rang, donnait aux pauvres, soignait les lépreux et se rendait en tout admirable. Sous son règne, le royaume vécut dans une grande opulence inconnue jusque-là. Enfin, il mena deux expéditions contre les Sarrasins mahométans pour délivrer le tombeau du Sauveur et convertir les infidèles. Là, il fit l’admiration des princes égyptiens, souffrit grandement, enfin périt de la peste en Afrique, étendu sur un lit de cendres. Le Souverain Pontife le fit honorer sur les autels vingt-sept ans après son trépas. Le reste des actions de Louis, modèle de tous les rois, est raconté par Jean, fils de Simon, qui fut son compagnon durant de longues années.