Histoire de France #17

17. Louis, dixième de sa lignée à porter ce nom, régna longtemps mais gouverna peu. Il se livra, comme une grande part de sa cour, à une débauche de plus en plus répugnante, perdit tout contrôle sur les Indes Orientales comme sur les Indes Occidentales, et laissa se répandre le venin du démon dans les cœurs et les esprits de ses sujets. Son successeur régna peu et le royaume fut frappé de plaies plus terribles que celles qui tombèrent sur Pharaon, car on multiplia les massacres d’innocents, on fit la guerre à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur contre toutes les nations, le roi fut décapité et mourut saintement, la religion fut renversée, les prêtres persécutés, et ceux qui ne se livraient pas à la folie de l’athéisme érigèrent une abomination grotesque qu’ils adorèrent. En aucun pays on ne vit pareil bouleversement, pas même en Angleterre sous le règne d’Élizabeth, cette nouvelle Jézabel ; c’est pourquoi on l’appela révolution, car tout semblait avoir été renversé. Le Seigneur, ayant décidé que le temps du châtiment était achevé, envoya pour juger le royaume un homme du nom de Napoléon. Peu d’hommes reçurent autant que lui de grâces et de bienfaits du Ciel, car il savait admirablement mener les hommes au combat, il gouvernait et organisait avec une habileté sans pareille, il avait une pénétration sans égale de beaucoup de choses. Mais rempli de superbe, il outragea le Souverain Pontife, il se sacra lui-même roi des rois, mena de terribles guerres contre toutes les nations alentour, les soumit à son empire et répandit le venin du démon dans tous les pays où il se rendit. Vaincu enfin après quinze ans de règne, il fut exilé sur un roc désolé où il périt.