Voilà déjà quelques mois que ce blogue paraphrase le temporal et le sanctoral. Mais pourquoi se limiter au propre, et ne pas paraphraser également l’ordinaire de la messe ? Voici donc une toute première paraphrase de l’Ordo Missae, qui commence par les prières au bas de l’autel, lesquelles commencent elles-mêmes par un signe de Croix.
IN NOMINE Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti. Amen.
Que l’on voit de beautés, ô poète, en tes vers !
Tu sais flatter l’oreille ; à l’homme, tu sais plaire.
Que ta lyre et tes chants sont doux et harmonieux !
Mais que valent tes vers s’ils ne chantent point Dieu ?
S’ils se sont égarés en des sujets profanes,
Crains que ta langue morte à jamais les condamne.
Poète, plein d’orgueil, tu parles en ton nom.
Chaque jour que Dieu fait, pourtant, nous apprenons
Grâce à tel papyrus d’une ruine égyptienne
Qu’il existait un homme à cette époque ancienne
Dont ses contemporains disaient beaucoup de bien,
Dont excepté le nom, nous ne savons plus rien.
Eh ! Que vaut-il ce nom ? Donne-moi sa valeur !
Qu’en savons-nous hormis qu’il plaisait en son heure ?
Il eût été bien mieux que ce nom fût perdu
Et qu’eussent perduré les vers d’un inconnu.
Je ne parlerai pas en mon nom périssable :
Le temps l’emportera, comme le vent, le sable.
Je chanterai plutôt la céleste Cité
Que gouverne le Roy de toute éternité,
Au nom de ce Seigneur à Qui seul je veux plaire,
Au nom du Saint-Esprit, et du Fils, et du Père.