La Confession

Que crains-tu, mon enfant ? Quelle peur te déroute ?
Pourquoi te détourner de ce grand sacrement ?
Tes fautes, réponds-tu ; mais Je les connais toutes.
La honte dans ton âme est un encombrement.
“Ah, Seigneur, me dis-tu, comme il serait facile,
D’avouer ses péchés seulement au bon Dieu ;
Se confesser au prêtre, est-ce vraiment utile ?
Un pécheur comme moi, représenter les Cieux ?”
Créature inconsciente, ah, quel est ce désir ?
Mais si tu Me voyais, Moi qui suis perfection,
Devant tant de beauté, tu n’oserais rien dire,
Tu n’oserais paraître avec ton abjection,
Tu fuirais loin de Moi, horrifié par tes crimes,
Tu te dirais toujours : “Je suis toujours trop prêt”,
Tu te verrais indigne, et courrais à l’abîme,
Tu te verrais damnable et tu te damnerais.
Mais Je veux te sauver ; viens, Je te le demande ;
Fléchis donc le genou, ne sois pas réticent,
Et ne crois surtout pas que ta faute est trop grande :
Donne-moi ton fumier, J’en ferai de l’encens.