Le mur d'orgueil - Stances #66

Voici la porte de mon âme :
Hélas, un grand mur l’obstrue tant
Qu’il n’y a guère qu’une lame
Qui puisse entrer, en insistant.

C’est un horrible mur d’orgueil,
D’ambitions, de vains appétits ;
Oui, c’est un mur qui Vous accueille,
Et c’est un mur que j’ai bâti.

Je voudrais bien le mettre à terre,
Puisque je m’en suis repenti ;
Mais je suis enfermé derrière,
Seul, sans courage et sans outils.

Dans les ténèbres de ces pierres,
Par les interstices, souvent,
Je vois s’infiltrer la lumière,
J’en suis touché, je suis vivant.

Venez, venez, mon bon Seigneur,
Armé d’un solide marteau ;
Et pour pénétrer dans mon cœur,
Abattez ce mur au plus tôt !