Notules et questions sur l’Écriture #3

Dans la Sainte Ecriture, il n’est pas un détail, si insignifiant qu’il paraisse, qui ne recèle un enseignement.
L’évangile du dix-huitième dimanche après la Pentecôte en offre un bon exemple : “Montant dans une barque, Jésus traversa la mer et vint dans sa ville.”
Saint Pierre Chrysologue, dont la Sainte Eglise fait lire à ses fidèles un extrait aux Matines, se demande pourquoi le Seigneur prend la peine de monter dans une embarcation. N’est-ce pas lui qui a ouvert un passage aux Hébreux à travers le Jourdain pour qu’ils passent à pied sec ? N’est-ce pas lui qui a fait marcher Pierre sur les eaux ? N’est-ce pas lui qui a commandé à la mer et au vent ?
Le saint docteur répond : ces miracles, le Christ les a accomplis pour les autres, non pour lui-même. En choisissant de monter dans une barque, il manifeste qu’il a voulu prendre nos infirmités et partager notre pauvre condition. En tant que Fils de Dieu, il n’avait rien de commun avec les hommes : s’il avait pris chair sans en assumer les limites, son incarnation aurait perdu tout son sens.
C’est pour cette raison que l’évangéliste mentionne ce détail, ainsi que le suivant : “sa ville”, dit-il, parce qu’il a voulu prendre, comme tout homme, une patrie, et être citoyen d’une ville terrestre.
Que d’enseignements cachés dans des détails qui paraissent insignifiants ! Si seulement nous pouvions la lire avec assez d’attention pour y comprendre toutes ces marques discrètes que l’Auteur de toutes choses y a déposées !